logo


VENDREDI SAINT : CÉLÉBRATION DE LA PASSION DU SEIGNEUR

Ce soir nous célébrons l’office de la Passion. Grande tristesse. Pas d’eucharistie, peu de chants, Jésus est mort cet après midi.
Le silence est lourd, les paroles sont graves, la croix que nous vénérons nous met en communion avec celui qui donne sa vie. Qui donne sa vie au présent parce que c’est aujourd’hui. Qui porte la mort parce qu’il porte LA mort de tous et de toutes avec cette croix qui ressemble à un condensé de tous les malheurs du monde.
Croix des violences, des trahisons, des souffrances, des maladies, des guerres et injustices…
En ces jours sombres et incertains, croix des malades qui souffrent dans tous les services de réanimation, croix de ceux qui s’usent de fatigue au service des malades, croix de ceux qui sont en train de tout perdre faute d’activité, croix des populations déshéritées partout dans le monde…
Cette célébration doit sa solennité au poids de souffrance qu’elle embrasse. Comme le traditionnel chemin de croix du Pape au Colisée, qui redit cette attention que nous portons comme Chrétiens à toutes les souffrances. Parce que le Christ les a supportées, elles sont toutes empreintes de sa présence, Il s’est rendu proche de toutes.
Le monde cette année semble faire silence et gémir. Cela est peut-être prophétique : prions pour que ce confinement de la moitié de l’humanité agisse comme une gigantesque supplication. Que les coeurs changent. Que l’homme réforme ce qui est faussé. Qu’il sorte de cette fuite en avant mortifère de la consommation et du profit . Qu’il protège davantage la planète qui nous porte et les plus petits d’entre nous.
La croix de Jésus, comme on le dit aux enfants, a deux bras : celui, vertical, qui unit la terre au ciel, les hommes à Dieu, et celui, horizontal, qui unit les hommes entre eux.
Que cette croix brille aujourd’hui encore comme signe de salut, de vérité, de paix et d’amour. Amen.